==> english translation availabale here
La participation à la primaire du Parti Socialiste (PS) du 16 Décembre s’établit autour de 80%. La mobilisation du parti, dans son ensemble, est remarquable et incontestable. Ségolène Royal triomphe avec environ 61% (en attendant les résultats définitifs), loin devant Dominique Strauss-Kahn, 22%, et Laurent Fabius, 18%.
Ce vote suscite de nombreuses interprétations. La première, au regard de l’écart en Me. Royal et ses concurrents, est que le désir de victoire a transcendé les différentes tendances socialistes. Les militants ont choisie d’être représenté par la candidate qui semble incarner une dynamique suffisante pour battre la droite en 2007 ; celle qui peut davantage rassembler les français que les socialistes. Dans cette perspective, le parti est définitivement entré dans la campagne présidentielle. Je vais jusqu’à dire qu’il en est l’initiateur, espérant qu’il soit suffisamment endurant.
Mais au delà de la primaire et de la désignation de Me. Royal, ce vote du 16 Novembre fait éclater cette tendance lourde mais néanmoins récente du PS qu’est le choix de la social-démocratie. En ajoutant aux 61% de Me. Royal les 22% de M. Strauss-Kahn, et compte tenu de la forte participation au scrutin mentionnée plus haut, il est difficile de passer à côté du fait que le PS se donne une ligne clairement social-démocrate. Comme le résumait Jean-Marie Le Guen à Libération du 17/11/06, «Il y a énormément de points communs entre Dominique et Ségolène» et la probabilité, en cas de succès du PS à la présidentielle, de voir nommé M. Strauss-Kahn Premier Ministre est effectivement assez élevée.
La question reste cependant posée : à quoi peut ressembler la social-démocratie en France ? Le modèle scandinave, dont on a beaucoup entendu parlé dans la campagne interne, ne s’appliquera pas par photocopie au PS français dont la construction idéologique diffère en bien des points de ses homologues nordiques. La social-démocratie française, à l’échelle d’un parti potentiellement apte à gouverner, reste à inventer. Il faut lui en donner les contours intellectuels, rapidement et de manière claire car mener une campagne efficace et persuasive en évoluant dans un registre thématique indéfini est une illusion qui pourrait coûter cher.
Cependant, ce processus de mutation du PS ne pourra être achevé avant l’élection ; il appelle de trop profonds changements. C’est sous le mandat d’un président socialiste et d’une majorité similaire qu’il pourra s’accomplir.
Mais alors quelle attitude Ségolène Royal devra-t-elle adopter ? Les alternatives sont assez simples en ce qu’elles se limitent aux familles politiques les plus proches, aux deux extrémités du parti : la gauche du Non au référendum sur la Constitution européenne ; ou un centre-gauche, des Radicaux à une certaine frange de l’UDF.
La réponse est évidemment très difficile à donner aujourd’hui, si loin encore du scrutin. Les paramètres sont trop nombreux, le jeu est encore très confus. On peut supposer que la solution va en partie dépendre de la marge de manœuvre que l’appareil socialiste laissera à sa candidate désignée ; mais aussi des choix stratégiques du camp adverse, de Nicolas Sarkozy donc.
Une question que je me pose, et que je vous pose également, est de savoir à qui profiterait le plus une campagne très à droite de Nicolas Sarkozy : à un deuxième candidat de droite, chiraquien, plus modéré (M. de Villepin, Me Allio-Marie, J.L. Borloo ?) ou à une Ségolène Royal social-démocrate ? Cet aspect, très stratégique, de la campagne, m’intéresse particulièrement et risque d’avoir une grande importance dans le résultat final.
Ce premier post aura donc été exclusivement centré sur la politique française. Mais déjà, je pense à mettre en « perspective européenne » ces réflexions Et quoi de mieux pour ça que d’écrire depuis Ljubljana, capitale de la Slovénie, pays qui incarne cette Nouvelle Europe, et qui plus est dans le contexte riche, tumultueux (parfois, je vous l’accorde, décadent) d’une année Erasmus !
J’espère, au fil du temps, ne pas écrire dans le vide et enrichir ces débats et bien d’autres avec toutes vos réactions.
A suivre…
Ce vote suscite de nombreuses interprétations. La première, au regard de l’écart en Me. Royal et ses concurrents, est que le désir de victoire a transcendé les différentes tendances socialistes. Les militants ont choisie d’être représenté par la candidate qui semble incarner une dynamique suffisante pour battre la droite en 2007 ; celle qui peut davantage rassembler les français que les socialistes. Dans cette perspective, le parti est définitivement entré dans la campagne présidentielle. Je vais jusqu’à dire qu’il en est l’initiateur, espérant qu’il soit suffisamment endurant.
Mais au delà de la primaire et de la désignation de Me. Royal, ce vote du 16 Novembre fait éclater cette tendance lourde mais néanmoins récente du PS qu’est le choix de la social-démocratie. En ajoutant aux 61% de Me. Royal les 22% de M. Strauss-Kahn, et compte tenu de la forte participation au scrutin mentionnée plus haut, il est difficile de passer à côté du fait que le PS se donne une ligne clairement social-démocrate. Comme le résumait Jean-Marie Le Guen à Libération du 17/11/06, «Il y a énormément de points communs entre Dominique et Ségolène» et la probabilité, en cas de succès du PS à la présidentielle, de voir nommé M. Strauss-Kahn Premier Ministre est effectivement assez élevée.
La question reste cependant posée : à quoi peut ressembler la social-démocratie en France ? Le modèle scandinave, dont on a beaucoup entendu parlé dans la campagne interne, ne s’appliquera pas par photocopie au PS français dont la construction idéologique diffère en bien des points de ses homologues nordiques. La social-démocratie française, à l’échelle d’un parti potentiellement apte à gouverner, reste à inventer. Il faut lui en donner les contours intellectuels, rapidement et de manière claire car mener une campagne efficace et persuasive en évoluant dans un registre thématique indéfini est une illusion qui pourrait coûter cher.
Cependant, ce processus de mutation du PS ne pourra être achevé avant l’élection ; il appelle de trop profonds changements. C’est sous le mandat d’un président socialiste et d’une majorité similaire qu’il pourra s’accomplir.
Mais alors quelle attitude Ségolène Royal devra-t-elle adopter ? Les alternatives sont assez simples en ce qu’elles se limitent aux familles politiques les plus proches, aux deux extrémités du parti : la gauche du Non au référendum sur la Constitution européenne ; ou un centre-gauche, des Radicaux à une certaine frange de l’UDF.
La réponse est évidemment très difficile à donner aujourd’hui, si loin encore du scrutin. Les paramètres sont trop nombreux, le jeu est encore très confus. On peut supposer que la solution va en partie dépendre de la marge de manœuvre que l’appareil socialiste laissera à sa candidate désignée ; mais aussi des choix stratégiques du camp adverse, de Nicolas Sarkozy donc.
Une question que je me pose, et que je vous pose également, est de savoir à qui profiterait le plus une campagne très à droite de Nicolas Sarkozy : à un deuxième candidat de droite, chiraquien, plus modéré (M. de Villepin, Me Allio-Marie, J.L. Borloo ?) ou à une Ségolène Royal social-démocrate ? Cet aspect, très stratégique, de la campagne, m’intéresse particulièrement et risque d’avoir une grande importance dans le résultat final.
Ce premier post aura donc été exclusivement centré sur la politique française. Mais déjà, je pense à mettre en « perspective européenne » ces réflexions Et quoi de mieux pour ça que d’écrire depuis Ljubljana, capitale de la Slovénie, pays qui incarne cette Nouvelle Europe, et qui plus est dans le contexte riche, tumultueux (parfois, je vous l’accorde, décadent) d’une année Erasmus !
J’espère, au fil du temps, ne pas écrire dans le vide et enrichir ces débats et bien d’autres avec toutes vos réactions.
A suivre…
Bodum
==> english translation availabale here
1 commentaires:
As much as I can, I will try to provide English translation of the French article. here is for the first one
The turnout was about 80% at the primary vote of the Socialist Party (PS), the 16th. of December. The party’s involvement is noteworthy and indisputable. Ségolène Royal triumphed with nearly 61% (waiting for the official outcome), far beyond Dominique Strauss-Kahn, 22%, and Laurent Fabius, 18%.
This result calls to numerous interpretations. Regarding to the gap between Me. Royal and her opponents, the first obvious fact is that the desire of victory has come over the socialists leanings. The militants have chosen, more than a candidate, an effective dynamic to defeat the ruling right-wing government. So far, Ségolène Royal appears as more capable of rounding up the French citizens than the socialists themselves. Therefore, the PS is from now on inside the presidential election campaign. It is on its roots, hoping it has enough resources to reach the end.
But beyond the designation of Me. Royal, the outcome of the vote raise a background and still recent tendency of the socialist party : the way to social-democracy. Both votes for Ségolène Royal and Dominique Strauss-Kahn gained nearly 83%. “There are numerous shared views between Dominique and Segolène”, Jean-Marie Le Guen, close to M. Strauss-Kahn, said to French newspaper Liberation . Besides, the probability is actually high for him to be appointed Prime Minister in case of Me. Royals success
The question still remains : what would a French social-democracy look like ? The Scandinavian pattern, as referred to during the primary campaign, won’t apply to the French PS by cloning. Its ideological roots and construction is far too different from its Northern counterparts. Eventually, at the scale of call-to-governed party, the French social-democracy is to be invented. It must be given an intellectual framework, clearly and quickly, so that it can run an effective and persuasive campaign. Otherwise it is likely to lead to its failure.
However, this mutation process will not achieved before the election. It implies too deep changes. It would rather be under a ruling socialist government that it could come through. So, how to behave as for Ségolène Royal ? The choices are basically simple in that they are bound to both extremes of the party : the very-left, which replied No to the European constitution ; or a center-left, from the Radicaux to some area of the official center party, the UDF.
The answer is obviously impossible, as we are 7 months from the poll. The criteria are too many to clear up the game. Still we can guess that the result would depend on the freedom Me. Royal would be given by her own party and also on the strategic line of the right ruling party UMP, so to say Nicolas Sarkozy.
Finally, I still wonder, and therefore ask all of you, whether a tough right line from Sarkozy in his campaign would give an edge to Ségolène Royal or to a more moderate right-wing candidate (M. de Villepin, Me. Alliot-Marie, J.L. Borloo ?). This strategic aspect highly interests me in that it may have a main influence on the final result.
Looking back to it, this first post has been only dedicated to French politics. But I already think about giving a more European perspective to those thoughts. And where else but Slovenia, embodiment of this New Europe, is a better place to do so ? In addition in the various, agitated (sometime…random ?) atmosphere of an Erasmus journey !
Time passing by I hope, instead of writing desperately alone, gathering your reactions to make this blog richer and deeper !
To be continued…
Enregistrer un commentaire