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jeudi 19 avril 2007

Au Parlement Européen : Moins de centre, plus de débat

Opinion
English translation here

C’est évident, aujourd’hui, le Parlement Européen (PE) manque de lignes politiques claires incarnées par des partis porteurs d’un projet identifié et identifiable. Il est souvent question du vide démocratique des institutions européennes. Et même en réponse à ce vide on appelle souvent, à raison d'ailleurs, les réformateurs européens à accorder plus de pouvoirs –dans l’initiative des lois, dans la prise de décision– au PE. Mais ce dont le Parlement a besoin c’est avant tout de véritables débats de fond qui verraient s’affronter les différents projets d’Europe, portés de manière similaire par les partis politiques européens dans tous les pays de l’Union lors de la campagne électorale.

Or qu’en est-t-il ? Le parlement européen compte 785 députés répartis dans huit groupes parlementaires et sept partis européens officiellement reconnus comme tels. Ces partis européens sont actuellement des structures qui rassemblent sous une vaste étiquette des partis nationaux censés être idéologiquement proches. Le député est donc élu dans sa circonscription avec le soutien d’un parti national impliquant l’appartenance de fait à la structure partisane européenne. Un député Vert allemand se présente : l’électeur vote pour un candidat dont il pense savoir qu’il sera attaché au Parti Vert Européen. Cependant, les traditions politiques du P.E sont réellement particulières. En effet, si le député va de manière générale s’affilier au groupe parlementaire de son parti, bien que rien ne l’y oblige, ses votes ne sont que rarement influencés par cette appartenance. La discipline de vote (le député votant en fonction des consignes de son parti) est une notion qui a peu d’écho à Strasbourg.


La première conséquence de cette habitude est une recomposition totale des clivages politiques se traduisant par un centre démesuré au regard de son poids dans les équilibres politiques nationaux. Il est certainement souhaitable qu’au sein du PE l’ajustement de ces équilibres se fasse par le centre, étant donné le besoin de consensus inhérent à la politique européenne. Mais il est en revanche désastreux qu’au lieu d’ajustement, on soit en fait en situation d’annihilation du débat droite / gauche, un élément structurel de l’histoire politique de l’écrasante majorité des Etats membres.


Lorsque les citoyens élisent leurs représentants au PE, ils le font généralement sur la base des valeurs qu’ils attachent au parti national qui propose ces représentants, et au projet que ce parti porte dans leur pays. Ils pensent porter ces mêmes valeurs au niveau européen. Par ces pratiques qui consistent à gommer les clivages et favorisent une moyennisation de la société politique européenne, la confiance des électeurs est trahie, le contrat social européen est vide de sens. Le citoyen européen doit savoir pour quelle Europe il vote. Les partis politiques européens ont une responsabilité évidente dans la situation actuelle. Leurs plateformes ne sont pas claires, les tendances qu’ils regroupent sont beaucoup trop diverses. Est-ce qu’être socialiste en Slovénie est la même chose qu’en Suède ? Est-ce qu’un libéral anglais va dans le même sens qu’un libéral polonais ?


Le juste-milieu, que l’Europe cherche comme ces citoyens respirent, reste à trouver entre d’un côté un débat droite / gauche qui doit avoir lieu en permanence, porté dans un esprit constructif par des partis aux contours idéologiques précis, et d’un autre côté un centre qui doit tenir son rôle, tout son rôle et rien que son rôle, sans imposer un consensus silencieux qui anéantit le débat d’idées, et donc l’action.

Bodum

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C'est quoi Le Parlement Européen ?
C'est quoi d'autre ?
Et Wikipédia en pense quoi ?

Ah, et les partis européens, en fait...?

1 commentaires:

Bodum a dit…

EU Parliament : Less Center For More Politics
Thursday, 19th April 2007

It is obvious, today, the European Parliament (EP) desperately lacks of clear political lines, embodied through parties that carry out an identified and visible project. The democratic lack of European institutions is often debated. Besides, in response to this lack we usually ask the European leaders for giving the Parliament greater power, by being increasingly associated in the decisional process or by acquiring the initiative of law proposal. But what the Parliament needs is, first and foremost, vivid fundamental discussions which would face and oppose the different project and vision of Europe. And these debates would be led in a similar way by European parties in every member-states during the election campaign.

But look a the situation happening now. The EP is composed of 785 deputies among seven official European parties and eight parliamentary groups. The European parties are structures which gather under a vast label national parties which are supposed to be ideologically close. The deputy is elected in his or her district with the support of a national party, which implies the belonging, de jure, at the European structure. A German Green deputy runs for a sit : the voter elects a candidate which he/she thinks will be linked to the European Green Party (EGP). But in fact, political customs in the EP are really special. Generally, the elected deputy will join the parliamentary group which is linked to his/her national party, whereas he/she is not even obliged to do so. But besides, he/she is most unlikely to vote according the party line. This behaviour, traditionally rooted in the national political lives of the member-states, does not have any echo in Strasbourg.

The first consequence of this custom is a complete reconstitution of the political splits, leading to an overweening center, in comparison with its influence on national political balances. It is certainly relevant that the adjustment of these balances is achieved through the center, regarding the need of consensus inherent to European politics. But instead of an adjustment we face a disastrous eradication of the right / left debate, whereas it objectively remains the structural and historical element of the political framework among a vast majority of the member-states.

When citizens elect their European Mp’s, most of them chose on the basis of a set of values attached to the national party proposing a candidate and to the project this party embodies in their country. They think these values will reach the European level. Therefore, through habits which participate in rubbing out political splits and favouring the averagization of the European political society, the trust of the voters is betrayed, the European social contract is made meaningless.

The European citizen must know for which Europe he is voting for. The European political parties have an evident responsibility in today’s situation. Their platforms of agreements and proposal are not shaped enough, the tendencies they gather are too miscellaneous. Is being socialist in Slovenia the same as in Sweden ? Do liberals from England and Poland usually agree ?

The happy-medium, that the Europe search as its citizens breathe, is still to be invented, between, on one hand, a right / left debate which has to be permanent, carried out in a constructive mind by parties defining clearly their ideological boundaries, and on the other hand, a center which must play its role, its full role, but not more than its role, without imposing a silent consensus killing the ideological debate, and therefore, action.



(published at 4.26pm, http://europeenvrai.blogspot.com)


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http://en.wikipedia.org/wiki/European_Parliament

http://www.europarl.europa.eu/