Douze mois après avoir été le premier des nouveaux entrants dans l'UE à passer à l'euro, la Slovénie entamera le 1ier Janvier 2007 ses six mois de présidence du Conseil Européen, l'organe politique qui réunit les chefs d'Etats et de gouvernement des 27 membres et qui définit les axes prioritaires de l'action communautaire. La Slovénie est un petit pays de deux millions d'habitants, la plus avancée des anciennes républiques yougoslaves. Son économie est florissante, comme en témoignent l'adoption de l'euro et le taux de croissance du PIB qui se situe autour de 6%. Autant dire que la transition vers l'économie de marché est un succès, qui par ailleurs ne souffre pas de scandales liés aux privatisations sauvages ou à la corruption qui gangrène les Etats slaves du Sud (Serbie, Albanie, Montenegro...).
Pour autant, la Slovénie n'est pas une puissance politique et diplomatique de stature internationale, et ne cherche pas à la devenir. Cette attitude est parfois à la limite du complexe d'infériorité. Une partie de la presse et des intellectuels du pays redoutent en effet que la présidence de l'UE tourne au fiasco par manque d'expérience ou incapacité. La population Slovène a parfois l'impression, comme pour l'adoption de l'euro, que les dirigeants courent un peu vite vers l'Europe, confondant rattrapage et pédagogie. Les Slovènes ne sont pas eurosceptiques, mais restent beaucoup plus timides que leurs dirigeants vis à vis de la Grande Europe.
Pourtant l'agenda de la présidence de l'Union semble amener au moins un très grand défi pour ce petit pays. Le Kosovo prépare son indépendance, soulevant le spectre de 1999 et l'impuissance de l'Union face aux massacres et aux déplacements de population. La Slovénie est dans une position difficile. Les grandes puissances européennes comptent sur sa position stratégique dans la région, ses liens culturels, linguistiques, historiques avec le voisin Serbe pour adoucir les conséquences d'une indépendance qui ne fais plus aucun doute. Mais la crédibilité de Ljubljana dans la région est en jeu. Les anciennes républiques yougoslaves ont toujours jalousé le voisin Slovène pour avoir précipité l'implosion de l'Etat et qui plus est sans en avoir subi trop durement les conséquences. Depuis lors, les dirigeants Slovènes se gardent bien de positions tranchées en faveur de l'une ou l'autre des parties en litiges dans les Balkans, qu'il s'agisse de problèmes territoriaux (et ils ne manquent pas, notamment avec la Croatie) ou liés au traitement des minorités ethniques ou religieuses. La ligne de conduite est davantage celle d'un arbitre, qui tente d'asseoir sa légitimité dans le temps.
Si la plus grande prudence est de rigueur quant au bon ou mauvais déroulement de ces six mois de présidence, deux éléments autorisent un optimisme raisonnable. Tout d'abord, la Slovénie a déjà engagé des actions symboliquement fortes en participant, entre autre, à la force de maintien de la paix de l'OTAN au Kosovo (la KFOR), et ce sans perdre du côté des Etats balkaniques la crédibilité gagnée du côté des Etats d'Europe occidentale. Par ailleurs, sans amputer la place prépondérante des rapports inter-individuels dans les négociations, et donc du rôle à tenir par les Slovènes, ils ne seront bien sur pas seuls et le défi est lancé bien plus à l'Union Européenne, à sa capacité et à sa volonté à agir et réussir.
La construction politique la plus ambitieuse au monde, l'Europe, doit édifier une politique étrangère stable et crédible. C'est encore des Balkans que vient le grand test. L'Histoire se répète, non ?
Pour autant, la Slovénie n'est pas une puissance politique et diplomatique de stature internationale, et ne cherche pas à la devenir. Cette attitude est parfois à la limite du complexe d'infériorité. Une partie de la presse et des intellectuels du pays redoutent en effet que la présidence de l'UE tourne au fiasco par manque d'expérience ou incapacité. La population Slovène a parfois l'impression, comme pour l'adoption de l'euro, que les dirigeants courent un peu vite vers l'Europe, confondant rattrapage et pédagogie. Les Slovènes ne sont pas eurosceptiques, mais restent beaucoup plus timides que leurs dirigeants vis à vis de la Grande Europe.
Pourtant l'agenda de la présidence de l'Union semble amener au moins un très grand défi pour ce petit pays. Le Kosovo prépare son indépendance, soulevant le spectre de 1999 et l'impuissance de l'Union face aux massacres et aux déplacements de population. La Slovénie est dans une position difficile. Les grandes puissances européennes comptent sur sa position stratégique dans la région, ses liens culturels, linguistiques, historiques avec le voisin Serbe pour adoucir les conséquences d'une indépendance qui ne fais plus aucun doute. Mais la crédibilité de Ljubljana dans la région est en jeu. Les anciennes républiques yougoslaves ont toujours jalousé le voisin Slovène pour avoir précipité l'implosion de l'Etat et qui plus est sans en avoir subi trop durement les conséquences. Depuis lors, les dirigeants Slovènes se gardent bien de positions tranchées en faveur de l'une ou l'autre des parties en litiges dans les Balkans, qu'il s'agisse de problèmes territoriaux (et ils ne manquent pas, notamment avec la Croatie) ou liés au traitement des minorités ethniques ou religieuses. La ligne de conduite est davantage celle d'un arbitre, qui tente d'asseoir sa légitimité dans le temps.
Si la plus grande prudence est de rigueur quant au bon ou mauvais déroulement de ces six mois de présidence, deux éléments autorisent un optimisme raisonnable. Tout d'abord, la Slovénie a déjà engagé des actions symboliquement fortes en participant, entre autre, à la force de maintien de la paix de l'OTAN au Kosovo (la KFOR), et ce sans perdre du côté des Etats balkaniques la crédibilité gagnée du côté des Etats d'Europe occidentale. Par ailleurs, sans amputer la place prépondérante des rapports inter-individuels dans les négociations, et donc du rôle à tenir par les Slovènes, ils ne seront bien sur pas seuls et le défi est lancé bien plus à l'Union Européenne, à sa capacité et à sa volonté à agir et réussir.
La construction politique la plus ambitieuse au monde, l'Europe, doit édifier une politique étrangère stable et crédible. C'est encore des Balkans que vient le grand test. L'Histoire se répète, non ?
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